//21 septembre 2009

Monétisation des vidéos en ligne : le « mariage de Jill et Kevin » en passe de devenir un cas d’école !

Source : googleblog

Flash back 

C’était le 19 juillet dernier, deux américains, Jill et Kevin s’apprêtent à se dire « oui» après une entrée très remarquée et peu orthodoxe dans l’église. C’est, en effet, sur le rythme de « forever » une musique de l’artiste R&B Christ Brown, chouchou des charts américains de l’été 2008, qu’ils ont choisi de s’unir pour la vie.

Surprise assurée pour les convives autant que pour les internautes qui découvrent la vidéo amateur sur Youtube. Dès sa mise en ligne la fascination opère, le buzz fonctionne et en moins d’un week-end plus de 10 000 connections sont enregistrées pour voir et revoir la chorégraphie des jeunes mariés… de quoi attirer l’attention de Google (propriétaire de youtube).

Jusque là …pas de quoi en faire un cas d’école. Pourtant, derrière la popularité d’une vidéo amateur sur fond de musique entrainante se cache la question des droits d’auteur et celle de la monétisation des contenus numériques autant pour les détenteurs des droits que pour l’hébergeur. Devant l’ampleur du buzz et grâce à sa technologie de fingerprinting (une solution d’identification et de filtrage des contenus vidéos protégés par des droits d’auteur qui laisse, par ailleurs, une place possible à un business modèle publicitaire) YouTube a alerté les détenteurs de « Forever », en l’espèce Sony music,  afin qu’ils puissent faire valoir et monétiser leurs droits :

Les solutions ou alternative pour les détenteurs des droits d’auteur

1/ Interdire purement et simplement la vidéo 

2/ Incruster de la publicité ou des liens « click to pay » (cliquez pour acheter) sur la vidéo

La première solution, vous l’aurez compris, c’est prendre le risque de se tailler une réputation négative à la vitesse grand V auprès de millions d’internautes dans le monde ; la seconde c’est faire le choix de surfer sur cet élan de popularité pour relancer celle de l’artiste et booster les ventes d’un single vieux d’un an. Sony a joué la carte de l’e-business en privilégiant cette dernière.

Les résultats 

-          une montée en flèche de la requête «Chris Brown Forever » sur youtube comme en témoigne le graphique ci-dessous

chris_brown_forever

 -          une4e position pour le titre dans les charts iTunes et 3ème sur Amazon.

-          un  taux de clic CTR ou Click Through Rate (correspondant  au nombre de clics effectués sur une annonce divisé par le nombre d’affichages de l’annonce) 2.5 fois plus élevé qu’habituellement

-          un impact sur le clip officiel de Chris Brown et donc sur les ventes de l’artiste

Cet exemple est bel et bien le cas d’école qui illustre que la monétisation des contenus vidéos est promise à un bel avenir.

Quid du modèle économique de youtube dans tout ça ?

Google s’est saisi du phénomène «JK wedding entrance dance» pour remettre à l’ordre du jour la question de l’efficacité promotionnelle de youtube, trop souvent décriée. Sur son blog, il explique que la plateforme peut générer des bénéfices. Mais dans quelle proportion et selon quelles modalités ? Interrogé par 20minutes.fr, Google a refusé de donner un chiffre mais commente que «les accords sur du clic-to-buy varient. Parfois, YouTube perçoit une commission si un achat est effectué, et parfois pas». Plus généralement, «quand une compagnie décide de monétiser une vidéo, les bénéfices sont partagés» avec YouTube ».